25/10/2010

A la recherche du signal faible…

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Le signal faible, le Saint Graal de tout analyste en intelligence économique (ou competitive intelligence comme diront les anglophones). L'information qui donnera un avantage concurrentiel ! Comment peut-on le détecter ?

En effet, on sait qu'une information était un signal faible lorsqu'un jour elle est devenue forte, majeure, importante, sue de tout le monde, bref centrale.

C'est bien, mais c'est trop tard !

Quels sont les indicateurs, les outils qui permettent de renifler un signal faible ?

Imaginons que vous disposiez d'un très bon outil d'analyse (je vous laisse deviner celui auquel je pense) permettant de détecter des concepts automatiquement, et proposant à l'analyste de les catégoriser.

Les premières analyses d'un volume d'information significatif vont faire remonter des concepts plutôt généraux, que l'analyste connaît probablement, qui ne lui apporte pas d'éléments très nouveaux, mais qui, malgré tout, permettent de présenter une vue synthétique d'un domaine surveillé.

Il devient alors essentiel de catégoriser chacun de ces concepts généraux, indiquant clairement ce qu'ils représentent : catégorie concurrents, partenaires, produits, technologie, laboratoire, ...

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Parmi ces concepts, il y en aura aussi qui sont des concepts généraux, qui sont connus, mais que l'analyste ne sait pas particulièrement catégoriser. Plutôt que de les voir systématiquement découverts par l'analyse automatique, il est très utile de les catégoriser dans une famille un peu bateau, les concepts connus par exemple.

Ainsi, les prochaines analyses forceront l'outil à ressortir des concepts beaucoup moins prégnants dans le corpus analysé.

Est-ce que ces concepts sont des signaux faibles ?

Il convient alors de mesurer leur centralité. Cette mesure indique, en fonction de l'échelle de temps choisie, si ces concepts ont tendance à devenir de plus en plus importants dans les documents du corpus.

En cas de croissance, il est clair que l'information est potentiellement un signal faible.

Par ailleurs, une autre technique consiste à analyser la cartographie du corpus choisi.

Cela consiste à représenter sur un graphe les concepts organisés en clusters, en sous-ensembles, et à les positionner en fonction de leur densité et de leur centralité.

Pour faire simple, la position de ces clusters par rapport au point milieu permet d'orienter l'analyste vers ce que l'on appelle des informations de rupture. Des sous-ensembles de concepts très peu, voire pas du tout, liés aux autres clusters. Donc, des îlots d'information qui se démarquent du reste du corpus analysé.

Attention, ce ne sont pas forcément des signaux faibles, nous ne pouvons pas encore conclure là-dessus, mais c'est parmi ceux-là qu'ils seront détectés.

En tout état de cause, analyste en intelligence économique est un métier passionnant qui nécessite une très bonne connaissance de son environnement.

Michel Raimbault

09:45 Publié dans L'astuce du veilleur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/09/2010

Suffisant l’outil de #veille ?

michelveille.pngDepuis le temps, vous avez compris que les outils de veille c'est mon dada.

Je vous propose depuis plusieurs semaines, des trucs et astuces pour pousser encore plus loin l'usage d'outils qui ont, somme toute, nécessité des investissements importants, tant financier qu'humain.

Oui, aujourd'hui, vos activités de veille passent par cet outil, et donne d'ailleurs entière satisfaction.

Mais est-ce que pour autant, il faut ne plus faire confiance qu'à l'outil ? Se fermer à la découverte spontanée, à la sérendipité ?

Et bien non ! L'outil ne fait pas tout !

La curiosité naturelle du veilleur doit toujours restée active. Un petit peu de surf sur le web ne fait pas de mal ... au contraire.

Le web est vivant, et toutes les tâches que nous avons pu automatiser avec l'outil de veille ne permettent pas forcément de garantir la complétude des informations et l'ouverture vers de nouvelles pistes.

 

Par exemple, le panel de sources qualifiées dont vous disposez est toujours amené à évoluer : de nouvelles sources se créent tous les jours, d'autres disparaissent.

Les outils de pilotage de votre application favorite (monitoring des sources) permettent de repérer les sources qui meurent, qui évoluent, qui changent.

Mais les nouvelles sources.

Soit leur ouverture est annoncée sur une source déjà surveillée et au moment du traitement de l'information on a le réflexe d'aller la voir et si besoin est de la connecter. Soit on ne le sait pas.

Il faut repartir à la pêche aux sources. Recommencer à aller sur Google ou Yahoo ou autres pour reposer les questions, reprendre la liste des résultats.

Oui, les outils se chargent du quotidien, du systématique, mais le veilleur se doit de garder une ouverture d'esprit sur le monde. Il en a d'ailleurs plus le temps, puisque l'outil fait le quotidien...

Michel Raimbault

 

14:34 Publié dans L'astuce du veilleur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : veille, outils de veille | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/08/2010

Comment organiser une #veille concurrentielle internationale ?

michelveille.pngLes entreprises intervenant sur les marchés internationaux ont deux besoins de veille concurrentielle distincts :

  • Au siège, la direction marketing et la direction commerciale doivent tout connaître des mouvements de la concurrence de façon globale,
  • Mais aussi, localement, les équipes commerciales doivent avoir une vision précise de leur environnement immédiat, à savoir leur zone géographique d'action.

Je n'évoquerais pas ici, même si c'est une dimension essentielle, la mise en œuvre d'une politique volontariste de contribution spontanée des acteurs sur le terrain, ce sujet pouvant faire rapidement l'objet de thèses sur le management d'entreprises.

Mais les deux besoins évoqués couvrent des mises en œuvre techniques avec une solution d'intelligence économique apparemment opposés.

Pour le siège, surveiller chacun de ses concurrents sur des sources d'information évidemment qualifiées, est relativement simple : construire une collecte automatisée avec comme requête les noms des entreprises, de leurs dirigeants, de leurs produits permet de proposer une bonne couverture du sujet.

L'information obtenue sera alors classée en fonction de chacun des concurrents.

Mais pour l'équipe commerciale locale, cette organisation ne conviendra pas. En effet, il faudrait reconstruire des veilles spécialisées par zone géographique, afin de pouvoir disposer de dossiers organisés par zone justement : avant d'aller voir un prospect, je dois disposer des news sur la zone Asie Pacifique, pas le reste du monde.

Or, la mise en route d'une telle veille n'est pas simple et même va faire double emploi avec la veille précédente.

Elle n'est pas simple parce qu'il faut préciser pour chaque collecte la zone sur laquelle on cherche : Asie Pacifique c'est Chine, Japon, Vietnam, etc, mais aussi Hong-Kong, Hanoï...

Bref, pour chaque question préciser le où.

Elle fera double emploi, car les informations auront aussi été reçues pour la veille centrale. Donc, des doublons.

Profitons donc du travail fait pour le siège !

Si, au moment du traitement des informations obtenus par le siège, le veilleur indique par un attribut (métadonnée) la ou les zones géographiques concernées par l'article, il est ensuite facile d'automatiser le reclassement de ces documents dans des rubriques géographiques.

Le plan de classement des documents est donc découpé en deux grandes parties : une partie Corporate et une partie Zones géographiques.

Ainsi, tous les besoins sont satisfaits : le siège qui dispose de l'information mondiale organisée par concurrent, et l'équipe locale qui dispose de l'information organisée pour sa région.

 

Michel Raimbault